Ce site est un site officiel de l’ODERSA. Voici comment le savoir

Le domaine officiel

L’adresse de ce site se termine par odersa.org. Chaque service de l’association vit sur un sous-domaine de odersa.org et nulle part ailleurs. Si l’adresse dans la barre de votre navigateur ne finit pas par odersa.org, ce site n’est pas le nôtre.

Gratuit, et sans compte

Tout est ouvert tout de suite. Aucune inscription, aucun compte, aucun mot de passe, aucun abonnement, aucune publicité. Rien n’est réservé à qui paie, puisque rien ne se paie.

Aucune donnée collectée

Ce site ne vous suit pas : ni mouchard, ni mesure d’audience, ni cookie de traçage. Vous n’avez pas à nous croire : ouvrez les outils de développement de votre navigateur, onglet Réseau, et rechargez la page. Vous verrez la liste complète de ce que le site demande. Tout vient de odersa.org, rien ne part ailleurs.

Contenus libres

Les contenus sont publiés sous licence CC BY 4.0. Vous pouvez les copier, les traduire, les imprimer et les redistribuer, pour vos cours comme pour vos proches, à la seule condition de citer l’ODERSA.

Pourquoi le ciel porte plusieurs noms

Le ciel que nous regardons ce soir a été nommé par des astronomes arabes, chinois et indiens des siècles avant que l'Union astronomique internationale ne standardise un catalogue commun. Chaque tradition raconte une histoire différente du même ciel.

Mosaique infrarouge des parties centrales de la Voie lactee, ou des etoiles apparaissent a travers la poussiere.
Mosaique VISTA des parties centrales de la Voie lactee. Auteur : ESO/VVV Survey/D. Minniti Acknowledgement: Ignacio Toledo, Martin Kornmesser. Source : ESO. Licence : CC BY 4.0.

Une étoile brillante peut porter un seul nom dans les catalogues internationaux d'aujourd'hui, mais elle en a souvent porté plusieurs autres, pendant des siècles, dans des traditions distinctes. L'Union astronomique internationale, seule autorité reconnue pour nommer officiellement les astres, a créé en mai 2016 un groupe de travail dédié aux noms d'étoiles. Son rôle n'est pas d'inventer des noms nouveaux mais de recenser et de préserver ceux que plusieurs cultures ont donnés au fil du temps : arabes, chinois, indiens, et bien d'autres.

Les noms arabes passés dans le vocabulaire international

Entre les neuvième et treizième siècles, les astronomes du monde arabo-musulman ont traduit puis considérablement affiné l'Almageste de Ptolémée, en mesurant la position des étoiles avec une précision inédite pour l'époque. Une grande partie des noms d'étoiles employés aujourd'hui vient directement de ce travail. Aldebaran, l'étoile rouge du Taureau, doit son nom à l'arabe al-Dabarān, le suiveur, parce qu'elle semble suivre les Pléiades dans leur course à travers le ciel. Véga, l'une des étoiles les plus brillantes de l'été de l'hémisphère nord, vient de l'arabe an-nasr al-wāqi, l'aigle qui tombe, une image que les traducteurs latins du Moyen Âge ont reprise sous le nom de Vultur Cadens.

Deux autres exemples, dans le Triangle d'été

Altaïr, l'étoile la plus brillante de l'Aigle, vient de l'arabe et signifie l'oiseau volant, ou l'aigle volant. Deneb, dans la queue du Cygne, vient de l'arabe dhanab, littéralement la queue.

Les manoirs lunaires de l'astronomie chinoise

L'astronomie chinoise traditionnelle a bâti un système entièrement différent, organisé autour de la course de la Lune plutôt que de celle du Soleil. Les Vingt-huit Manoirs découpent le ciel le long de l'écliptique en vingt-huit secteurs, chacun marquant une étape du trajet mensuel de la Lune, qui dure environ 27,32 jours. Ces manoirs sont répartis en quatre groupes de sept, associés à quatre figures animales : le Dragon Azur à l'est, la Tortue Noire au nord, le Tigre Blanc à l'ouest et l'Oiseau Vermillon au sud.

Le manoir de la Corne, par exemple, correspond à une partie de la constellation occidentale de la Vierge et représente la corne du Dragon Azur dans ce système.

Les nakshatras de l'astronomie indienne

L'astronomie indienne ancienne a développé, elle aussi, un découpage du ciel fondé sur la course lunaire : les nakshatras, au nombre de vingt-sept ou vingt-huit selon les textes. La Lune traverse un nakshatra par jour environ, achevant son cycle en un peu plus de vingt-sept jours. Ce système est mentionné dès le Rigveda et l'Atharvaveda, des textes védiques composés vers 1500 avant notre ère, puis détaillé dans le Vedanga Jyotisha, attribué au sage Lagadha vers 1400 à 1200 avant notre ère. Les nakshatras ont servi de base au calendrier lunaire indien, le panchangam, et au calage des dates rituelles.

Krittika, le troisième nakshatra, correspond à l'amas ouvert des Pléiades, dans la constellation du Taureau, la même région du ciel que suit Aldebaran dans la tradition arabe. Son nom signifie les coupeuses.

Un même ciel, trois récits

Ces trois traditions ont observé la même Lune et les mêmes étoiles, mais les ont découpées et racontées différemment : un suiveur des Pléiades pour les astronomes arabes, une corne de dragon pour les astronomes chinois, une étape du calendrier lunaire pour les astronomes indiens. Depuis 2024, le groupe de travail de l'Union astronomique internationale tient une encyclopédie dont l'objet est justement de documenter ces noms culturels du ciel à l'échelle mondiale, plutôt que de n'en retenir qu'un par étoile.

Sources

Cet article est publié sous licence CC BY 4.0 : copiez-le, traduisez-le, republiez-le en citant l’ODERSA.

Retour au blog