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Nommer le ciel

Le ciel qu’on regarde ce soir est le même depuis n’importe quel point du globe. Ce que les cultures y posent, en revanche, diffère entièrement : des figures, des récits, des noms. Cette page dit comment ce site choisit un nom, d’où viennent ceux qu’il affiche, et pourquoi le ciel arabe, en particulier, ne s’y montre qu’à moitié.

La region du centre de la Voie lactee, tres dense en etoiles, dans la direction du Sagittaire.
Le centre de la Voie lactee. Auteur : ESO/S. Gillessen et al.. Source : ESO. Licence : CC BY 4.0.

Un seul ciel, des figures qui changent selon qui regarde

Une personne à Paris, à Nairobi ou à Melbourne peut lever les yeux vers la même étoile, la même nuit. Ce qui change, ce n’est pas le ciel : c’est la figure qu’on trace entre les points de lumière, et le récit qu’on y attache. Une même région du ciel devient un chasseur pour une tradition, un dragon pour une autre, une étape du calendrier lunaire pour une troisième. Ce site sert 43 cultures du ciel, et elles occupent la même place que les constellations latines : elles ne sont pas une annexe exotique, elles racontent la même portion de ciel autrement.

La règle : une source publique, ou le nom disparaît

Ce site ne traduit aucun nom de constellation ou d’étoile pour rendre une page plus vivante, et n’en invente aucun. Un nom écrit dans une autre écriture que le latin est relevé dans une source publique, avec sa langue exacte, puis attribué à cette source. Si la source manque, le nom ne s’affiche pas : le trou est préféré à l’invention. La règle vaut pour chaque fiche de constellation et pour chaque culture du ciel : une langue absente y reste absente, elle ne se comble jamais par une supposition.

Ce site affiche aujourd’hui des noms dans 10 langues et écritures, dont 4 373 s’écrivent dans une écriture non latine. Une langue qui manque n’est pas oubliée : elle attend une source publique, pas une traduction faite ici.

D’où viennent les noms que ce site affiche

Trois sources publiques portent l’essentiel de ce que ce site sert. Les figures, les frontières et les positions d’étoiles des quatre-vingt-huit constellations de l’Union astronomique internationale viennent de d3-celestial, republié par Olaf Frohn sous licence BSD : c’est la couche de base sur laquelle tout le reste se pose. Les noms de constellations et d’étoiles dans leur écriture d’origine, arabe, chinois, hindi, hébreu, persan et bien d’autres, viennent de Wikidata, sous licence CC0 : pour la plupart de ces écritures, c’est la seule voie propre qui existe. Les noms d’étoiles officiellement approuvés viennent du catalogue de l’Union astronomique internationale elle-même, sous licence CC BY.

Le noyau, sans obligation de partage

2 cultures du ciel sont publiées sous une licence simple, sans clause de partage à l’identique : les nakshatras indiens, un découpage du ciel en vingt-huit segments qui suit la course de la Lune plutôt que celle du Soleil, et les constellations de l’Edda nordique. Les deux entrent dans le même fonds que Wikidata et le catalogue de l’Union astronomique internationale : on peut les reprendre, les modifier et les refermer dans un projet à soi, en se contentant de citer leur auteur.

Le module en partage à l’identique

41 autres cultures du ciel, parmi lesquelles la chinoise, la japonaise, la coréenne, l’indienne classique, et plusieurs traditions océaniennes, amérindiennes, africaines et européennes minoritaires, sont publiées sous licence de partage à l’identique, Creative Commons BY-SA ou GNU GPL. Cette licence autorise la reprise, mais elle impose de republier sous la même licence : chaque fiche qui sert une de ces cultures affiche donc la sienne à l’écran, à l’endroit même où la culture apparaît, et pas seulement dans un fichier de crédits à part. Le manoir chinois 心宿 (Xīn Xiù), le cœur, en est un exemple : son nom est publié sous licence CC BY-SA, comme le reste de la culture chinoise, et sa fiche le dit.

Le ciel arabe : ce que ce site sert, ce qu’il ne sert pas

Quatre cultures du ciel arabes existent dans le fonds public que ce projet a examiné : celle d’al-Sufi, celle de la péninsule arabique, celle dite arabe indigène, et les vingt-huit stations lunaires, al-manazil. Les quatre sont du même auteur, et les quatre portent une licence qui interdit la dérivation, ou qui y ajoute une interdiction d’usage commercial. Reformater ces données dans un fichier à nous est une dérivation, au sens propre du terme : ce n’est pas une lecture prudente de la licence, c’est ce qu’elle dit elle-même. Une permission spéciale est même écrite dans les fichiers, mais elle est accordée nommément à un autre acteur, Stellarium Labs, et non à l’ODERSA ni à personne d’autre. Ce site refuse donc les quatre, sans exception.

Ce refus n’est pas une prudence excessive, c’est la seule position honnête : accepter cette permission reviendrait à se servir d’une autorisation qui n’a pas été donnée à ce site, et publier ces tracés romprait la promesse de licences vérifiées que ce site fait sur chacune de ses pages.

Ce refus a un prix, et il se dit plutôt que de se taire. Il prive ce site des tracés qui relient les étoiles aux illustrations d’al-Sufi, la référence la plus citée de la tradition figurative arabe. Il prive ce site de l’ensemble des deux autres cultures, la péninsule arabique et l’arabe indigène, sans aucune donnée récupérable. Et il prive ce site des cinquante et une figures, des cinquante et un noms en écriture arabe et des quatre-vingt-seize noms d’étoiles que portent à elles seules les vingt-huit stations lunaires.

Ce que ce site sert à la place n’est pas un lot de consolation : les noms de constellations et d’étoiles en écriture arabe, relevés dans Wikidata sous licence CC0, posés sur les figures de l’Union astronomique internationale. La constellation qu’on appelle Orion en latin porte ainsi, en arabe, le nom الجبار (al-Jabbar, le géant), relevé dans cette même source. Ce site pose un nom en écriture arabe sur 88 des quatre-vingt-huit figures de l’Union astronomique internationale. Les figures d’al-Sufi, elles, ne sont pas là, et ce site le dit plutôt que de le laisser croire.

Une précision qui compte juridiquement : ce site ne montre jamais les figures ni les tracés du ciel arabe. Il montre des noms arabes, posés sur les figures de l’Union astronomique internationale. La nuance est réelle, elle n’est pas cosmétique : c’est elle qui sépare ce qu’une licence autorise de ce qu’elle interdit.

Le ciel arabe sur ce site : ce qui s’affiche, ce qui ne s’affiche pas
Ce que ce site sert Ce que ce site ne sert pas
Les noms de constellations et d’étoiles en écriture arabe, relevés dans Wikidata, licence CC0 Les figures et les tracés d’al-Sufi, de la péninsule arabique, de l’arabe indigène et des stations lunaires
Ces noms arabes, posés sur les figures de l’Union astronomique internationale Une figure redessinée ou une donnée reformulée à partir des quatre cultures refusées

Le grec et les babyloniennes : le même refus, pour la même raison

L’égalité que ce site applique aux cultures du ciel ne s’arrête pas à l’arabe, et elle ne fait aucune exception pour le grec. L’Almageste de Ptolémée, la source la plus citée de l’astronomie grecque ancienne, existe dans le même fonds public, sous la même clause interdisant la dérivation. Il est refusé comme le reste : ce site perd ainsi quarante-neuf constellations et mille trente-neuf noms d’étoiles qui auraient donné une profondeur historique au seul volet grec. Les deux traditions babyloniennes, mul.APIN et séleucide, qui auraient porté la plus ancienne couche du ciel connue, tombent pour le même motif et ne sont pas davantage servies.

La couche grecque n’a donc pas plus de profondeur historique que les autres traditions de ce site : elle est écartée exactement comme l’arabe, la balinaise ou l’égyptienne de Dendérah, dès que sa licence interdit la reprise. C’est ainsi que l’égalité entre les cultures du ciel devient un fait de construction, vérifiable fichier par fichier, plutôt qu’une promesse écrite en tête de page. 22 cultures du ciel sont écartées au total, faute de licence libre : le travail existe, il mérite d’être cherché à sa source, mais il ne peut pas entrer sur un site qui promet des licences vérifiées.

Un ciel mal nommé, ou absent : comment le signaler

Malgré ces sources, un nom peut manquer, ou une transcription peut être fautive. La règle de ce site s’applique aussi à sa propre correction : il ne suffit pas de dire qu’un nom est faux ou absent, encore faut-il pouvoir montrer la source publique qui porte le nom juste. Le signalement se fait sur Signaler une erreur, avec la page concernée, ce qui y est écrit, et ce qui serait juste ; joindre la source, quand elle existe, accélère la correction.

Le message part par courriel vers l’ODERSA. La source proposée est ensuite vérifiée comme toutes les autres : si elle est publique et que sa licence le permet, le nom entre dans le noyau ou dans le module de partage selon cette licence, et la page se corrige. Si la source manque encore, le nom reste absent : ce n’est pas un refus définitif, c’est la même règle appliquée à tout le monde, en attendant qu’une source publique existe.

Sources